05/05/2014
sans titre (en cours)
De par sa position, droite sur sa chaise, mais légèrement penché sur son écran, il donnait l'impression d’écrire sous le serpentin d'un alambic de cuivre dans une distillerie de mescal transcendant ; sa chaise était un simple cric de poids lourds au dessus de laquelle flottaient les mots dans la zone libre de son cerveau ; une ligne de mots opiacé et c'est l’analgésique sueur froide qui s'éponge par le grand gel de la moelle; tel est l'ectoplasme poreux de l'écrivain ; il faut pas s'y tromper, c'est un camé de première, et pour s'en assurer, il suffit d'attendre quinze secondes après le shoot du premier mot pour voir par ses grands yeux blancs révulsés, la grande vague de chaleur descendre au fond de ses veines comme une kénose emportant toute les couleurs de sa peau blafarde, en remonter une vision qui est vie, en parcourant l'ensemble de ses nerfs jusqu'au cerveau ; alors c'est l'objectivité absolue qui s'installe, l'existence de l'esprit pour ses mains libres sur le clavier; a ses bras bleuie, on voit que c'est un habitué, qu'il a déjà fait le parcours de centaines de fois, de la chute anticyclonique dans la dépressurisation de la coercition, au vol libre sans parachute a travers toutes les mâchoires de frein grande ouverte, jusqu’à la grande roulade quand il touche le fond du cœur émétique en explosion, qui rejaillit poème dans la zone fantôme sublymphatique, d’où il perçoit une dernière fois le monde comme un entre-deux indescriptible et insensé en soi; et dans sa chute, le verbe émondé se retourne et luit de sa chair avide et disparue, insituable et muette ; commence alors l'illumination de l’écrit semblable a celle du drogué proprement dite, une auto-contemplation jusqu'à expiration du grain soluble de lumière organique dans les convulsions et les spasmes de la transparence et le gel de la douloureuse naissance; il évite les miroirs par peur de s'oublier dans son propre récit, mais son histoire est sans intérêt pour aucun autre que lui, parce que sa face démesurée prend une toute autre signification dans la dilatation cosmique ; il fixe la moindre tache lépreuse sur le mur qui se met a parler ; écoute attentivement le cuir de ses godasses lui murmurant un secret; que le chemin s’écaille dans sa tête a travers l'irrationnelle censure de la raison qui libère de toute mesure la sensibilité, extirpe un infini organique de son auto-mutilation, qui s’étire dans des lignes de fuite sans bornes jusqu'à la connaissance du dieu qu'il voudrait être sans Lui ; c'est un voyage au paradis du mal organique, un tour de junky dans la loupe féerique de la lampe d'huile sainte.
Un autre jour, a la même heure on le retrouve, exactement a la même place ; sur son cric ; il semble n'avoir pas bougé depuis des mois ; les mots s'empile du sol au plafond dans son taudis répugnant ; empruntant tantôt les voies de la raison, tantôt celles de la sensibilité ; il compose comme un rossignol son chant de nuit dans un hoquet précipité de hautbois ; des deux possibilités il conclut que par lui-même il ne peut que découvrir le mal. Qu'il est le mal, victime et bourreau de lui-même ; il rigole doucement en lui même quand il repense au deux peignes culs bien nippés qui lui ont demandé s'il n'avait rien a vendre ; les deux quéqués il leur aurait pas même vendu un gramme tant ils n'avaient rien compris a la came ; ces mecs sont les plus dangereux, les faux routard du trip sidéral qui finissent a l’hospice après une TS avortée ; ce sont les improvisateurs de l'absolu qui n'imaginent même pas une seconde a quoi il se frottent, et le problème c'est justement leur manque d'imagination qui les débordera comme un tsunamis; la drogue pour faire la fête, pour s’évader, échapper....mon cul, c'est le genre de discours qui le fait gerber sec ; il avait fait l'innocent : … rien a vendre ? ….de quoi vous voulez perler....non ch'sais pas ? ….rien a voir avec tout ça...oui c'est ça bye... » ; la came c'est pas le paradis a coup sur, c'est pas le loisir du pauvre, le trou dans la stratosphère pour le rapt des anges ; la drogue c'est l'instrument du paradoxe et le paradoxe c'est ce que tout le monde recherche ; par elle il devient réellement vivant, mais un esprit sobre ne peut gérer une telle contradiction avec les instruments univoque et sociaux...a moins d'une discipline monacale et d'une parole transcendante éprouvée... aussi c'est d'abord une saison en enfer, le plongeon dans le grand sérieux tout le contraire de la fête, mais suivit des illuminations du mal, la conscience supérieure du drogué, celle qui accable son corps rachitique de camé, et qui grise sa chair c'est la vision claire et nette du paradoxe comme tel ou il se tient enfermé et sait de science plus que certaine qu'il en va de même pour tout les autres goys inconscients; il y descends comme un prisonnier tâtonnant les mur de sa geôle et n'en revient que mûrit de cette connaissance. Toute la jeunesse se drogue pourquoi ? C'est pas seulement l'ouverture des sens a l'infini dialectique, et si le shoot n’était que la transgression sensorielle de nos limites organique ce serait une expérience intéressante mais pas crucial comme le rasoir d'Occam ; de la drogue on ne sort qu'en reconnaissant sa propre culpabilité, qu'on est a soi-même son propre diable et que la présupposition qui nous manque pour nous libérer de notre propre martyre n'invalide pas l’expérience hallucinogène mais la corrobore au contraire quand enfin on reconnaît l'existence comme l'entrelacs de soi a Dieu sur terre.
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