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06/06/2014

sans titre (en cours)

Il y a vingt ans qu'elle est au-dessus de la photocopieuse, penchée sur la lumière, et qu'elle scanne et re-scanne la même lettre de rupture, sans pouvoir imprimer ; peu de mot en elle, mais ils tournent tous en cercles, se mangent les uns les autres, se font la chasse sans arrêt jusqu'a ne plus rien signifier; elle s'est arrêter sur la performance de l'amour sans réalité ; et quand le dernier mot de l’indifférence a rogner la dernière trace de confiance, la certitude s’invoque seulement pour involuer a nouveau, imploser, s'effondrer en elle-même dans la ronde des signifiants sans fin ; elle ne tremble plus, elle pourrait être écrivain ; vendre de mignonnes petites histoire de rien du tout, ou le sens affleure a la lisière du cerveau dans une foret de poils pubiens ; le vide a tout engloutit intérieurement, c'est l'état préféré de sa pensée, celle qui a cesser de la troubler, c'est a dire de la détourner de son corps fétiche hyper érotisé, c'est ce qui lui permet de s'occuper avec la même passion de l’étalage des livres sur les têtes de gondoles que du choix des mets et des partenaires avec qui elle les commandera au resto ; tout en elle est interchangeable hormis son gloss et son parfum d'identité ; l'absence de pensée , le vide intérieure ne saute pas aux yeux a première vue ; bien au contraire, l’extérieure est très bien soigné ; maquillage parfait, qui de suite laisse penser que petite elle devait rendre ses coloriages a la maîtresse sans dépasser ; jupes tailleurs vichy bleue, frange en coque, identique a celle de ses chaussures noires et vernis, impeccablement lustrées ; parfait mélange de rock-and-roll et de midinette ; en plus elle se réjouit ce matin parce qu'elle a entendu dire a la radio, que le monde se féminiser ; en déballant les arrivage des derniers cartons de nouveautés, elle se dit qu'elle ne comprendra jamais les extrêmes ; que le mal a a voir avec ces passions exclusives ; et ce qui lui interdit toute compréhension des confins, c'est l'idée, incongrue certainement en soi, mais très convaincante pour elle, par laquelle elle associe les extrêmes et le fait de ne pas savoir se maquiller ; toute négligence du corps la rebute et l’effraie ; elle la perçoit toujours comme un manque de savoir vivre dont au contraire les soins corporelles attestent indubitablement ; soins qui pour elle sont l'aune de toute œuvre d'art, dont l'absence la rebute et la blesse infiniment ; elle associe les grandes actions et les grandes pensées des philosophes et des poètes avec une certaine inattention au corps, un certain goût des blessures qui défigurent l'image qu'elle a d’elle-même ; l'i-phone vibre plusieurs fois dans sa poche ; des sms de A et de C qui l'invitent aux libanais ou au ciné ; mais il est encore trop tôt pour qu'elle choisissent ; le titre du prochain livre dans les cartons lui donnera de quoi se décider.

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