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02/04/2017

Minute papillon!

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Gemma Anderson

 

 

Je suis effrayé par la bêtise universelle !

Les gens d’esprit devraient construire quelque chose d’analogue à l’Arche.

Flaubert

 

  Les chiens fous errent a l'aveugle contrée ; autour des tentes de souffre, il reniflent la surface des bactéries qui ont contaminées le campement; les hyènes grattent contre les nuits de réflexion, et griffent la navigation des agités ; des crocs elles lacèrent et déchirent les signifiants pneumatique qui crèvent comme des acteurs qui se dégonflent, sur la mer, et coulent en tremblant comme des moutons empoisonnés par l'herbe folle ; les nénuphars brûlent sporadiquement en descendant le cours liquéfié de l’opération déréglée de la cire ; leurs formes s’étirent dans le miroir liquide et leurs couleurs flambent jusqu'au crépuscule, ou la mue de la sagesse, est une enveloppe vide, une coquille de rien dont un autre doit savoir quelque chose, si elle, elle n'en sait rien, sinon que sans cet ailleurs elle expire; un mystère en soi soutient la clairière quand elle s'accroît d'une vérité plus grande, de la lumière de tous les aspects de l'ivresse et du délire vrai qui seul rend compte de l'impossible réalité devant laquelle l'image des hommes sous la tente défile, se fait et se défait de la bêtise congénitale aux troubles des doubles corps engendrés par les morts vivant ; des écorchés vifs pissent le sang dans leur juste au corps de mitochondrique trame textile de pare-balle ; sous la tente la réduction de l'insignifiance par la présence d'un seul vocable soulève des rires durs comme de la pierre et des cris d’orfraies; sous les draps, la langue laisse venir en elle les spectres qui la tapissent de nature morte quand la mesure des proportions l'emporte sur le transport des malades a évacuer d'urgence loin de l'auspice des significations frelatés, loin du cimetière de la comédie des lumières réparées; déjà les capes des furies flottent au vent et viennent rejoindre les chiens errant et hurlant qui les précédaient ; déjà le désert se couvre d'un regard épais d'albumine transparente ; il flotte sur l’Hadès des images et de la représentation, le royaume de ceux qui ne sont encore que l'ombre d'eux-même ; les rites de la mise en terre seront respectés, pour que la puanteur du cadavre se change en odeur de sainteté et en bénédiction suspendue aux crochets de la projection ; beaucoup émettent des sons avec la bouche, mais les derniers funambules du souffle ont versé par le pont ; des ombres chinoises caquettent et leur langue ne projette rien, tant elle est obstruée par la description, la mémoire et ses efforts dérisoires pour se laisser porter et emporter par le ressouvenir éternel; l'accumulation des fibres ne rend pas le motif plus voyant; ainsi madame M. qui de son vivant n'usa essentiellement de ces facultés spirituelles que pour convoiter ce que la proximité charnelle lui faisait miroiter de plus grand, au détriment des proximités spirituelles des êtres légitimes qu'elles perça tous de mots vipérins ; aussi l'ineffable douceur de l'accord moral avec soi-même se changea pour elle en ronce, et sueur de sang et dureté du bois des échardes dans la chaire ; la proximité de l'ailleurs est une idée qui ne la toucha plus; blindée, sans paradoxe, elle réduisit ses pores a de simple surface sans épaisseur et la lèpre langagière accomplit alors son office en la roulant dans son berceau d'os ; comme ces invectives qui lui roulaient sous la langue, et qui pouvait aussi bien lui agrandir les yeux par le pourrissement du diadème que défaire le cercle des visions et le recomposer ailleurs, autrement, au-delà de l'intelligence proportionnée a la syntaxe qui enchaîne les signifiants inertes a la tremblotte magique ; dans sa bouche la langue était une chaîne d'acier froide et rouillée qui recouvrait d'un cadavre marin de signifiants les failles rompus avec l'intelligence, avec la réflexion complète de l'odyssée; parler pour elle est tout sauf un risque, et encore moins la continuation de la crainte de dieu, un temple intérieure qui ouvre une fenêtre sur la transcendance, un rapport subjectif ou tout est symbolique, un espace vide de chose hormis une répétition du verbe dans la phusis, un prolongement de cette crainte par ou débute la sagesse des hommes; par l’écoutille de la réflexion consciente la racine de lumière conceptuelle se rependait en imitant l’opération irreprésentable de la nature éphémère et in-engendrée ; une formulation réfléchie de la vérité, était en train de dessiner les chemins et les voix de la rencontre qui éclatait en elle comme une guerre des termes, une hostilité entre les deux rives d'un fleuve ; les chiens prirent la mesure de la certitude d'exister ; ils conclurent que sa taille passait toute description possible par les aboiement habituels ; au matin les débris de la dislocation des perceptions certaines, n’était plus que la trace alphabétique du signe de l'impression que la langue fit en touchant sa matière virtuelle; je vous dirai enfin, que voilà quinze sourds d'an journalistiques que nous mesurons l'agitation vaine et stérile de toute cette refonte de la langue dans ses questions de basse cours.

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01/04/2017

De la necessité non-scientifique du signifié transcendant

Nous atteignons la thèse centrale de l'ouvrage de Jaime Semprun ou, pour le dire un peu moins scolairement, nous commençons à comprendre quelle «Pentecôte électronique» (p. 59), quel «chantier électronique mondial d'une Tour de Babel inverse à l'achèvement de laquelle il n'y aura plus qu'une langue pour le genre humain» (p. 65) la novlangue nous promet, qui passera par une égalisation universelle, non seulement l'ensemble des êtres et des choses capturés dans le même filet à mailles fines, mais une nappe de nihilisme dévastateur se dirigeant vers le passé, recouvrant bien sûr le présent, mais se proposant en outre de réifier, d'abraser le passé, qui ne peut être que le domaine coupable, non encore éduqué, du regret, si peu compatible avec la course sans fin vers le bonheur généralisé ! : «Le reste, le seul résidu que laisse le conditionnement de la langue par la précision technique, c'est évidemment la littérature, plus exactement la littérature fossile, l'ensemble des œuvres rédigées antérieurement à la rationalisation en cours, et donc par force en archéolangue. Tel qu'il nous est parvenu, cet héritage littéraire est aussi rébarbatif qu'un bâtiment ancien qui n'aurait pas été accommodé par sa restauration scientifique. Le préalable à toute traduction, ou plus exactement la traduction qui contient la possibilité de toutes les autres, consiste donc à transférer les œuvres littéraires du passé dans notre idiome moderne, à exercer sur elles cet effort d'interprétation créative qui est à la fois devoir de mémoire et travail de deuil» (p. 61). Non content d'éradiquer toute forme de création véritable, la novlangue se propose d'aseptiser, de neutraliser les œuvres majeures des siècles passés : il est étonnant que Jaime Semprun, dans son texte si intelligent, ne souffle mot de l'art contemporain qui, après tout, à bien des égards peut être considéré comme une véritable novlangue pas moins démocratique que sa cousine verbale.

http://www.juanasensio.com/archive/2017/03/29/defense-et-illustration-de-la-novlangue-francaise-de-jaime-semprun.html

Des problémes logiques liés au paradoxal desir de sens

Une sorte de scepticisme s'impose donc globale­ment, voire, comme pour Nietzsche, un grand doute sur la possibilité d'une pensée systématique : "Quel monde méta­physique il doit y avoir, il est impossible de le prévoir." [6] Dès lors, pour celui qui veut créer d'une manière authen­tique, en l'ab­sence de la connaissance de tous les méca­nismes de la Na­ture naturée ainsi que de celle des relais possibles entre la matière et l'esprit, les œuvres de sa pensée ne devraient être qu'hési­tantes, et, à chaque instant, différem­ment reprises ou conti­nuées à partir d'authentiques exigences singulières, même très hu­maines pour M. Conche par exemple : "Dans l'homme, la Nature devient esprit, car la Nature s'ignore, mais l'homme se sait. Mais, puisque la Nature est autocréatrice, l'homme est le plus na­turel des êtres, du moins le plus conforme à l'essence de la Nature, pour au­tant qu'il se fait autocréateur, c'est-à-dire commençant à partir de lui-même." [7]

   Dans cette interprétation de M. Conche que je tiens pour vraie, la Nature ne programmerait donc pas "à l'avance (toutes) ses créations", [8] sans doute parce que la formation matérielle de la diversité des mondes l'exige. Dès lors, si la Nature n'anti­cipe pas tout, elle "crée en poète, c'est-à-dire en aveugle". [9] Ensuite, l'obscurité des sensa­tions et les clartés de la raison pourront sans doute s'as­socier en chacun pour fonder des in­terprétations métaphy­siques qui feront prévaloir l'infi­nité de la Nature naturante sur les jeux incessants de la vie avec la mort, tout en sachant que "l'homme philo­sophe est l'homme créatif, qui existe à partir de lui-même (…) qui place sa con­fiance en nul autre que lui-même pour gagner en hauteur selon la norme et l'idéal qu'il porte en lui."

http://www.eris-perrin.net/2017/04/philosophie-metaphysique-et-folie-du-saut-de-la-pensee-vers-l-infini.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail