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01/04/2017

Les crises

Les démagogues, nous rappelle Soljenitsyne, sont des personnes  diminuées et creuses. “Un pouvoir illimité entre les mains de gens limités conduit à la cruauté,” écrit-il.

“La vie générale de la société se résume au fait que les traitres ont été promus et que les médiocres ont triomphé, tandis que tout ce qui était le meilleur et le plus honnête a été piétiné,” observe-t-il. Des ersatz d’intellectuels, des remplaçants “de ceux qui avaient été détruits ou dispersés,” ont pris la place des vrais intellectuels.

“Après tout,” écrit Soljenitsyne, “nous nous sommes habitués à considérer comme courage seulement le courage guerrier (ou le genre de courage qu’il faut pour voler dans l’espace), celui qui fait retentir les médailles. Nous avons oublié un autre concept de courage – le courage civique. Et c’est tout ce dont notre société a besoin, seulement cela, seulement cela, seulement cela !”

Cette sorte de bravoure, il le savait en tant que vétéran de guerre, demande un courage moral qui est plus difficile que le courage physique rencontré sur le champ de bataille.

“Cette désobéissance tranquille, unanime, à un pouvoir qui ne pardonnait jamais, cette insubordination obstinée, douloureusement prolongée, était d’une certaine manière plus effrayante que le fait de courir et hurler sous les balles,” dit-il.

http://www.les-crises.fr/quand-arrive-la-peur-par-chris-hedges/

Logique de la contradiction

[...] Comme je suppose qu'un État où la justice est presque réalisée exige un régime démocratique, la théorie concerne le rôle et la justification de la désobéissance civile dans le cadre d'une autorité démocratique légitimement établie. Elle ne s'applique pas aux autres formes de gouvernement, ni, si ce n'est accidentellement, aux autres formes de dissidence ou de résistance. Je n'examine rai pas ces formes de contestation ni l'action et la résistance militantes en tant que tactiques pour transformer ou même renverser un régime injuste et corrompu. Dans un cas pareil, une telle action ne pose pas de problèmes.

 

La désobéissance civile, telle que je l'ai définie, se situe donc entre la protestation légale et le déclenchement de procès exemplaires, d'une part, et l'objection de conscience et les diverses formes de résistance, d'autre part. Dans cet te gamme de possibilités, elle représente une forme de dissidence qui se situe à la frontière de la fidélité à la loi. Ainsi comprise, la désobéissance civile est clairement distincte de l'action militante et de l'obstruction ; elle est très éloignée de la résistance organisée par la force. Un militant, par exemple, est bien plus opposé au système politique existant. Il ne l'accepte pas comme quelque chose de presque juste, de raisonnablement juste ; il croit ou bien que celui - ci s'écarte considérablement d es principes qu'il professe ou qu'il vise une conception de la justice qui est erronée dans son ensemble. Bien qu'il déclare agir selon sa conscience, il ne fait pas appel au sens de la justice de la majorité (ou de ceux qui ont le pouvoir politique réel), car il pense que leur sens de la justice est erroné ou bien sans effet. [...)

 

John Rawls

31/03/2017

DIACRITIK

On peut dire que l’intériorité de l'existant est la vérité, si on commence par dire qu'elle est d'abord la non-vérité.

Kierkegaard

Il ne faut pas dire du mal du paradoxe, passion de la pensée : le penseur sans paradoxe est comme l'amant sans passion, une belle médiocrité.

Kierkegaard

Mon idée principale était qu'à notre époque le développement du savoir a fait oublier l'existence et l'intériorité, et que c'est par là qu'on doit expliquer le malentendu entre la spéculation et le christianisme. [...] Si l'on avait oublié ce que veut dire l'existence humaine religieuse, on avait autant oublié ce que signifie exister humainement ; c'est cela qu'il fallait donc retrouver.

Kierkegaard

 

Dieu étant sujet n'existe qu'intérieurement pour la subjectivité.

Kierkegaard

 

 Lorsque je suis véritablement en moi (et non pas faussement en dehors de moi-même), la vérité, si elle est là, est un être, une vie (...) La vérité, cela veut dire que je ne connais alors la vérité en vérité que lorsqu’elle devient vie en moi.

Kierkegaard

 

A l’aune d’un critère si créateur, quand la philosophie se fait création, toutes les doctrines adossées au marketing d’une marque, d’un emblème, ressemblent à un banc d’école éculé, luisant et crasseux à mourir. Le philosophe, le penseur privé ne saurait jamais se reconnaître dans ces affiches, sachant que ses écrits n’adviennent que devant la difficulté de penser ce qu’il pense, et qu’un sobriquet, entendu de tous, ferait tourner au comique. L’époque est à l’énonciation d’absurdités adornées d’étiquettes comme une marchandise dont la nouveauté tient à l’emballage et à rien de moins qu’à une logique de supermarché. Quel est ton personnage et jusqu’où a-t-il entraîné ton écriture ? Telle est la question que le philosophe est amené à se souffler sans cesse à l’oreille.

 

https://diacritik.com/2017/03/31/quand-le-philosophe-devient-son-personnage/