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08/06/2014

note (en cours)

Écoute l'encre parler du gouffre baillant de la connaissance négative, proférer le silencieux secret de l'organisation des principes premiers qui tremble dans tes organes jusqu'au stylet ou la tache aveugle exorcise son esprit qui n'a jamais su qu'il été déserté; redouble d'attention puisqu'on ne doit écrire que ce qui ne peut se dire, puisque l'écrit détonne toute voix du timbre qu'il faudra chercher ailleurs qu'entre soi, en un autre sujet que l'écriture imite comme la vérité. Nombre d’écrivains se sont pris pour les secrétaires de Dieu. L'anecdote ne souligne pas un trait de caractère psychologique propre a une certaine vanité de l’écrivain créateur de monde, mais révèle quelque chose de l'essence de l’écriture, dont l’écrivain est la dupe, comme d'une rupture paradoxale du dialogue avec soi ouvrant a la transcendance de la vérité qui n'existe pas sur terre et fait du corps de l’écrivain le tout sensible d'un signifiant qui ne se saisit de lui-même que dans la mesure ou il reconnait que le signifié lui échappe. L'esprit de feue le signifié luit seulement a travers la suie et les cendres des masques mortuaires des fosses d'identité ; c'est l'astre noire de la transcendance, le couperet de la sensibilité, la danse plastique de la tache aveugle devant le noir miroir de l'encre étincelant d'une autre clarté, d'une chaire redoublé de l’intérieure, pour laquelle la parole est un poids, un centre de gravité plus réel qu'un principe d’Archimède, et la voix une complète densité autour de laquelle vibre le voile du monde sur le verbe caché; l’écriture c'est le medium du redoublement de la lumière en l'homme déserté est tiré depuis son ciel de transcendance, c'est la vacuité signifiante de la sensibilité poreuse et ouverte a la transcendance d'un verbe qui pourrait la conjuguer, la conjurer, d'un chair d'angoisse, la transformer en une chair éternellement stable, une fois mise en joue sur du papier ou s’étire l'angoisse du sommeil de l'innocent mensonge jusqu'à ce que tout le vin tiré, elle puisse boire les paroles d'un homme comme des extraits du livre de la vérité. Car on n'arraisonne pas la vérité, au mieux on montre comment elle nous embrasse.



07/06/2014

sans titre (en cours)

Nabû reposait, le corps tatoué de songes bien réels, sur la natte d'osier, enlacé a Tashmetu entre les palmes et les roseaux, au bord du fleuve incréé ; il rêva qu'elle disparaissait dans la noire gueule d'un crocodile pendant qu'a l'amphore il se désaltérait de vin, se ressourçait d'amour sous les feuilles d'or de ses colliers pendues aux roses du temps; il rêva que ses cris lâchés dans le gouffre du flacon d'argile étaient tous retournés a la glaise et n’émettaient aucun son ; le bourbier des douleurs bouillonna dans la lumière du rêve ou la souffrance sans échos venait de creuser le premier sillon du partage ; en se retournant sur sa déchirure il n’aperçus plus que l'ombre enfuie, mais vit sa silhouette sur le sol aride et craquelé du désert, malheureusement saine et sauve ; son chef d'Ibis se dessinait dans la poussière de l'emprunte d'une tranche de main que le corps de la belle disparue avait déposé a ses frontières ; le pincement du cœur fit les larmes noires de la cécité recouvrant toutes pistes de signes énigmatiques et d'interrogations qui firent naître l'esprit dans l’émulsion des encres du rêve qui ruisselaient le long de son long bec gracile ; la friture des vers et la larve des vases furent son unique repas terrestre, l'agape du mutisme nourrissant de mystère les convives invités au trépas des douleurs; mais sur la route du calame qu'il traçait de l'unique trait de la justice rendu au crime d'amour, l’espérance mêlée au souvenir du deuil qu'il aurait été criminel d'oublier, il perça un canal dans la roche invisible, le lit creux et plein d'ombres sèches et enfuies, des rivières de larmes qui remonteraient en rocailles jusqu’aux cataractes de la joie tatouées de veines sur son corps de rêve.

06/06/2014

sans titre (en cours)

Il y a vingt ans qu'elle est au-dessus de la photocopieuse, penchée sur la lumière, et qu'elle scanne et re-scanne la même lettre de rupture, sans pouvoir imprimer ; peu de mot en elle, mais ils tournent tous en cercles, se mangent les uns les autres, se font la chasse sans arrêt jusqu'a ne plus rien signifier; elle s'est arrêter sur la performance de l'amour sans réalité ; et quand le dernier mot de l’indifférence a rogner la dernière trace de confiance, la certitude s’invoque seulement pour involuer a nouveau, imploser, s'effondrer en elle-même dans la ronde des signifiants sans fin ; elle ne tremble plus, elle pourrait être écrivain ; vendre de mignonnes petites histoire de rien du tout, ou le sens affleure a la lisière du cerveau dans une foret de poils pubiens ; le vide a tout engloutit intérieurement, c'est l'état préféré de sa pensée, celle qui a cesser de la troubler, c'est a dire de la détourner de son corps fétiche hyper érotisé, c'est ce qui lui permet de s'occuper avec la même passion de l’étalage des livres sur les têtes de gondoles que du choix des mets et des partenaires avec qui elle les commandera au resto ; tout en elle est interchangeable hormis son gloss et son parfum d'identité ; l'absence de pensée , le vide intérieure ne saute pas aux yeux a première vue ; bien au contraire, l’extérieure est très bien soigné ; maquillage parfait, qui de suite laisse penser que petite elle devait rendre ses coloriages a la maîtresse sans dépasser ; jupes tailleurs vichy bleue, frange en coque, identique a celle de ses chaussures noires et vernis, impeccablement lustrées ; parfait mélange de rock-and-roll et de midinette ; en plus elle se réjouit ce matin parce qu'elle a entendu dire a la radio, que le monde se féminiser ; en déballant les arrivage des derniers cartons de nouveautés, elle se dit qu'elle ne comprendra jamais les extrêmes ; que le mal a a voir avec ces passions exclusives ; et ce qui lui interdit toute compréhension des confins, c'est l'idée, incongrue certainement en soi, mais très convaincante pour elle, par laquelle elle associe les extrêmes et le fait de ne pas savoir se maquiller ; toute négligence du corps la rebute et l’effraie ; elle la perçoit toujours comme un manque de savoir vivre dont au contraire les soins corporelles attestent indubitablement ; soins qui pour elle sont l'aune de toute œuvre d'art, dont l'absence la rebute et la blesse infiniment ; elle associe les grandes actions et les grandes pensées des philosophes et des poètes avec une certaine inattention au corps, un certain goût des blessures qui défigurent l'image qu'elle a d’elle-même ; l'i-phone vibre plusieurs fois dans sa poche ; des sms de A et de C qui l'invitent aux libanais ou au ciné ; mais il est encore trop tôt pour qu'elle choisissent ; le titre du prochain livre dans les cartons lui donnera de quoi se décider.